Je l'avoue : je suis un conspirationniste. Je l'ai compris après la lecture de cet article du Monde :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/05/05/la-mort-d-oussama-ben-laden-relance-les-theses-conspirationnistes_1517018_3216.html

Auparavant, je pensais me situer dans un entre-deux nuancé, indéfinissable. Dans tous les domaines, j'ai appris à me méfier des prophètes qui prétendent détenir la vérité. En musique, la vérité est subjective, c'est une affaire de goût. En science, elle est objective, mais relative au point de vue que l'on adopte, comme l'ont montré par exemple les théories fractale ou quantique. En histoire, elle est temporaire, soumise aux intérêts immédiats ; avec le temps, les documents déclassifiés et les agents retraités qui veulent alléger leur conscience avant de mourir, on finit par connaître la vérité "vraie" : que la CIA a orchestré le coup d'état contre Allende, qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak, etc… 

Bref, je me permets de douter. Pas de prétendre connaître la vérité, mais simplement de douter de celle qu'on nous impose. Or, l'intelligentsia parisienne est claire sur ce point : de même qu'en 68 il était interdit d'interdire, aujourd'hui il est interdit de douter. Soit vous êtes dans le vrai, et vous acceptez consciencieusement les versions officielles concernant les attentats du 11 septembre et l'assassinat de Ben Laden, soit vous êtes dans le faux, et vous êtes un débile mental, négationniste, antisémite, sympathisant du Front National, et j'en passe…

Cela peut nous rappeler d'autres débats. Tenez, la vie après la mort. D'un côté, les matérialistes purs et durs pour qui "le cerveau crée la pensée", qui refusent obstinément de prendre en compte des expériences ou des phénomènes qui échappent à leurs schémas traditionnels. Au milieu, ceux qui ont vécu des expériences "d'état de conscience modifié", ou qui par simple curiosité ou ouverture d'esprit, admettent que la question des corps subtils survivant au corps physique mérite d'être étudiée.

Enfin, de l'autre côté, les fanatiques et intégristes de tout bord, tellement persuadés que leur vérité est la seule acceptable qu'ils n'hésitent pas à tuer ou se tuer pour imposer cette vérité aux autres.

Je peux me tromper, mais je crois sincèrement que le groupe du milieu est de loin le plus important. Aujourd'hui, les médias font un amalgame complet entre cette masse d'individus qui, je le crois, font seulement preuve de bon sens, et ceux, très minoritaires, qui avancent des thèses extrémistes. 

Est-ce que le fait d'exercer notre droit fondamental de penser, de raisonner et donc de douter, fait systématiquement de nous des sympathisants F.N. ? 

Je vous laisse y réfléchir, à la lumière notamment de l'affaire DSK qui éclate en ce moment : certains, parmi les premiers à dénoncer les théories du complot, crient… à quoi ? eh bien, au complot, précisément ! Et la vérité que tout le microcosme journalistique parisien connaît depuis des années, à savoir le comportement pour le moins malsain de DSK envers les femmes, se transforme en cette affirmation : "DSK n'est qu'un séducteur."

Pour finir, un mot sur l'improvisation qui accompagne ce (long) article : comment une mélodie bien connue peut changer de couleur (et donc de "vérité") en fonction de l'harmonisation : est-ce une berceuse ou une musique angoissante ? Ou les deux à la fois ?